« Ségolène Royal, apôtre d'une nation de victimes | Page d'accueil | Comprendre le phénomène Bayrou »
17.04.2007
Comprendre le phénomène Bayrou
================================================================
Article du 18 mars 2007
Peu à peu la candidature anti système du centriste et démocrate François Bayrou, a fait son chemin dans l’opinion publique française. Dans la précédente élection de 2002, Bayrou avait recueilli une honnête 4ème place avec 6,64 % des suffrages. Jusqu’à présent, la campagne pour le scrutin du 22 avril 2007 ronronnait et tournait en rond, dans le duel des démagogues Royal et Sarkozy, en distribuant sans compter promesses et milliards, représentants à eux deux, tous les corporatismes et conservatismes de gauche et de droite dans lesquels se trouve enliser la France depuis 25 ans.
La nouveauté depuis la mi-janvier, a été la percée spectaculaire de François Bayrou, le président et candidat de l’UDF (Union pour la Démocratie Française ), de 7 % à 24 % des intentions de vote, qui lui a permis de dépasser le candidat de l’extrême droite, à la troisième place, et de maintenant faire jeu égal avec la socialiste, pour l’obtention de son ticket au second tour de scrutin. Démarré à trois mois de l’élection, plus qu’un feu de paille, cette ascension est le signe tangible que le vent du changement souffle enfin sur ce pays en prise à une crise sociale, politique et démocratique de grande ampleur, sans précédents dans l’histoire récente. Surtout quand, de partout des voix de personnalités de droite et de gauche, bousculant enfin le système, s’élèvent pour en appeler à voter pour ce troisième homme, candidat sérieux à la Présidence de la République.
Pourfendeur de la « République des clans », élu politique venant du peuple et s’adressant à lui dans une démarche courageuse de « parler vrai », François Bayrou est, de par ses origines, sa formation, son parcours politique, son intransigeance visionnaire sur les valeurs et les principes et sa capacité d’écoute et de dialogue dans la recherche des solutions, ce candidat anti système auquel les Français aspirent, après qu’ils eurent été tenté par la solution autoritaire et impossible proposé, en 2002, par une extrême droite montée à 19,2 % des suffrages et une extrême gauche à plus de 10 %.Cet espoir nouveau, le comité de soutien des Français du Québec à la candidature de François Bayrou en est également porteur. Il veut depuis quelques semaines le faire partager avec d’autres. Cet article vise à mieux faire connaître François Bayrou en terre québécoise, en un moment où ici aussi les citoyens et citoyennes sont appeler à voter lors d’une échéance électorale cruciale. La crise profonde dans laquelle se trouve la société française trouve des échos au Québec. Les parentés dans nos situations respectives éclairent d’une lumière nouvelle les solutions qui seront apportées de part et d’autre de l’Atlantique. Nous en appelons aussi à ces Français et Françaises qui se sont installés ou exilés au Canada en nombre toujours plus croissants parce qu’ils ne trouvaient pas leur place dans une société bloquée, à la fois ingouvernable et ingouvernée, parce qu’ils étaient lassés de l’absence de perspectives d’avenir pour la jeunesse, les créateurs et les innovateurs, et parce qu’ils n’en pouvaient plus des archaïsmes de cette « exception française » qui fait aujourd’hui de ce pays « l’homme malade » de l’Europe.
François Bayrou, l’homme du Béarn
Quand Ségolène Royal, haut fonctionnaire énarque adoubée par Mitterrand représente jusqu’à la caricature les corporatismes d’une fonction publique mise en coupe réglée par le parti socialiste et renouvelle cette ambiguïté du mitterrandisme entre les valeurs conservatrices d’une vieille France rentière et petite bourgeoise et un positionnement politique ouvriériste et anticapitaliste, François Bayrou se distingue par ses origines de fils d’agriculteur béarnais (aux confins des Pyrénées et de l’Espagne, le pays d’Henri IV à qui il a consacré une brillante biographie) et d’agrégé de lettres obligé de reprendre l’exploitation familiale quand son père se tue dans un accident de travail. Il montre que l’on peut venir du peuple et réussir sa vie par le modèle républicain de promotion sociale, tout en ne reniant pas d’où l’on vient et en repoussant dos à dos la démagogie populiste et le mépris élitiste.
Quand Nicolas Sarkozy, avocat des plus beaux quartiers de Paris (Neuilly), lui aussi adoubé très jeune par son camp, est porteur des intérêts particuliers d’une chiraquie qui a noyauté l’État, soutenue par ces milieux économiques qui ont objectivement bénéficié de la précarité et de l’exclusion sociale d’un nombre croissant de salariés, François Bayrou défend une approche impartiale de l’État et des institutions républicaines, une conception honnête de l’engagement politique, une attitude d’empathie et de responsabilisation et non de compassion et de victimisation, dans son rôle d’élu et de représentant du peuple (voir la claque très médiatisée qu’il avait administrée à un gamin qui lui faisait les poches).
La personnalité sereine, solide et déterminée de François Bayrou, son intégrité, sa sincérité et son refus des promesses démagogiques ainsi qu’un programme clair et responsable expliquent l’intérêt croissant qu’il suscite auprès de la population française.
L’UDF, un programme social et libéral
L’UDF n’a aucun complexe à se dire à la fois sociale et libérale. Elle n’est pas obligée de pratiquer les contorsions idéologiques du parti socialiste pour reconnaître, qu’après tout, le blairisme ou la troisième voie, ça marche et ce n’est pas si mal, que dans de nombreux pays comme le Royaume-Uni mais aussi la Suède, le Danemark et même maintenant l’Allemagne, on peut marier progrès social et liberté d’entreprendre alors qu’en France, avec 44 % de prélèvements obligatoires, 53,4 % de dépenses publiques et 66,6 % du PIB au titre de la dette publique, on est parvenu à ce tour de force rarement égalé de conjuguer tout à la fois exclusion massive, chômage de masse, baisse du pouvoir d’achat avec faible croissance, innovation médiocre et exil des créateurs et des chefs d’entreprise !
Le projet de François Bayrou est de proposer aux gens de bonnes volontés, de droite et de gauche, de s’unir pour avancer, tous ensemble, des solutions pragmatiques et effectives :
· L’éducation est sa priorité : s’assurer que tous les enfants sachent lire et écrire avant l’entrée dans le secondaire ; doter massivement les universités et la recherche des moyens qui leur manquent.
· A titre personnel, il s’attèlera tout particulièrement à la refonte des institutions pour séparer les pouvoirs et les rendre démocratiques, pour dénoyauter l’État des corporatismes de gauche qui l’étouffe et des groupes d’intérêt économiques (groupes de défense, de médias, de travaux et de réseaux publics) de droite qui le ponctionne.
· La réduction prioritaire de la dette vient avant la diminution des impôts (proposée par Sarkozy) grâce en particulier à la suppression des niches et cadeaux fiscaux.
· L’inscription constitutionnelle d’équilibrer dépenses et recettes de fonctionnement du budget de l’État (contre la distribution de prestations sociales supplémentaires à la Royal , dans cette approche maternante et anesthésiante d’un État « Big Mother » omniprésent) .
· La revalorisation du travail, contre les 35 heures, pour la remise à plat des systèmes de retraite, pour la priorité à la création d’emplois sans charges dans les petites entreprises.
· L’environnement et le développement durable par la taxation des énergies fossiles.
Le centre, un positionnement électoral qui transcende le bipartisme politique
En France, compte tenu de l’incapacité de fédérer les partis politiques en deux grands courants majoritaires et ouverts, du mode de scrutin qui favorise le bipartisme droite – gauche et enfin de la permanence de mouvements tribunitiens qui ne jouent pas le jeu de la démocratie représentative (RPF gaulliste et Parti communiste autrefois, Front national et partis trotskistes aujourd’hui), il n’y a pas de parti du centre proprement dit. Il existe un centre gauche et un centre droit qui se regardent avec les yeux de Chimène à Rodrigue, de part et d’autre de ce fossé infranchissable de la summa divisio droite - gauche. Pourtant, régulièrement, des personnalités à la stature de chef d’État ont su dépasser ce clivage pour rassembler : Mendès France fut l’un d’eux pour le centre gauche et de Gaulle pour le centre droit et avant eux, on peut dire que Gambetta et Clémenceau ont aussi transgressé cette ligne de partage et su rassemblé les Français
François Bayrou est au centre droit de la vie politique. Il est l’héritier d’un parti créé par l’ancien président Giscard d’Estaing qui avait pu, pendant un temps trop court, associer des personnalités de gauche, dans ses gouvernements. A l’UDF, se sont ainsi retrouvés des démocrates sociaux, des démocrates chrétiens et des libéraux sociaux, entre autres, Raymond Barre et Simone Veil, qui entendaient alors faire concurrence au dirigisme et à l’étatisme, tant de la droite autoritariste que de la gauche marxiste.
Les cousins proches de François Bayrou, au centre gauche, se nomment Michel Rocard, Jacques Delors et même Bernard Kouchner. Dominique Strauss-Kahn, candidat malheureux pour le parti socialiste, est également au centre gauche, sur un programme social-démocrate clairement revendiqué, là où Ségolène Royal renouvelle le grand écart mitterrandien entre un positionnement étatiste, antilibéral, anti entreprises et la réalité économique libérale et capitaliste qui se rappellera à son bon souvenir tôt ou tard, comme cette réalité l’avait fait déjà dans les années 1983 - 1984 auprès de son maître et mentor. François Bayrou ne cache pas, en tant que démocrate chrétien, sa proximité avec ses cousins socio-démocrates et il entendra nommer l’un d’eux comme Premier ministre s’il accédait à la Présidence de la République.
Le Comité de soutien des Français du Québec à la candidature de François Bayrou appelle tous ceux qui sont intéressés par le projet de François Bayrou à visiter son blog (http://montrealavecbayrou.hautetfort.com).
Pour le Comité de soutien des Français du Québec à François Bayrou, Stéphane-Andréane Brunel, administrateur civil, consultant en administration publique et professeur à l’UQAM.
15:35 Publié dans Le programme de Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire